20 July 2006 La tourmente d'EurotunnelÉnorme, colossale, gigantesque, titanesque, les qualificatifs n'ont pas manqué à la presse pour décrire la dette de l'entreprise franco-britannique, Eurotunnel, qui s'élève à 9,1 milliards d'euros. L'affaire ne date pas d'hier. La presse a rappelé les méandres successifs qui ont frappé l'entreprise depuis une vingtaine d'année, transformant le "chantier du siècle" en un véritable cauchemar et en un gouffre financier pour les actionnaires et les créanciers du tunnel sous la Manche. Elle a désigné du doigt les erreurs fondatrices des gouvernements britannique et français de l'époque qui avaient choisi de faire appel aux particuliers pour financer une infrastructure d'État. Par ailleurs, elle a rappelé le désengagement des gouvernements successifs des deux côtés de la Manche et la mauvaise gestion de l'entreprise fréquemment décrite comme "hasardeuse". Résultat des courses : "un fiasco à la hauteur de l'ambition" indiquait La Tribune. L'épée de Damoclès menace plus que jamais l'entreprise. Croulant sous les dettes, Eurotunnel risque le dépôt de bilan. La presse a souligné les efforts des petits actionnaires et des créanciers majoritaires et a indiqué que le plan de refinancement proposé par Jacques Gounon, PDG d'Eurotunnel, aurait permis de réduire la dette du groupe à 4,2 milliards d'euros. Mais les négociations ont échoué. Les créanciers obligataires minoritaires, menés par la Deutsche Bank, ont rejeté tout accord consensuel et présenté un plan alternatif qui n'a pas satisfait. Le 12 juillet dernier, le glas a sonné. Suite à cet échec, la direction a déposé une demande de procédure de sauvegarde, plaçant désormais son sort dans les mains du tribunal de commerce de Paris. Les médias ont souligné les diverses tensions générées par cette situation parmi les actionnaires et au sein de l'entreprise. Jacques Gounon a fait part aux journalistes de son incompréhension devant les propositions et les exigences, jugées irresponsables, de la Deutsche Bank. Il s'est montré concerné par l'avenir des 2.300 salariés et par les 800.000 actionnaires du groupe. À travers ses positions et ses propos, le PDG a fait preuve de sa volonté de sortir Eurotunnel de la tourmente financière. La presse a rappelé son expérience des situations délicates et sa capacité à gérer des crises majeures. L'avenir d'Eurotunnel dépendra donc de la décision du tribunal de commerce attendue d'ici le 25 juillet prochain.
20 juillet 2006
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